Le sport comme médicament?

Vendredi 10 avril 2015, l’amendement déposé par Valérie Fourneyron dans le cadre du projet de loi de santé a été adopté par l’Assemblée Nationale.

Ainsi, les médecins vont officiellement pouvoir prescrire du sport aux personnes atteintes d’affection de longue durée.

 

Imaginez une pillule universelle, capable de prévenir et de traiter: cancers, maladies cardio-vasculaires, obésité ou encore diabète; avec une efficacité comparable à celle des médicaments spécifiques de ces maladies chroniques tout en améliorant la qualité de vie et l'estime de soi. Impossible?

c'est pourtant ce que démontrent, semaine après semaine, les nombreuses études scientifiques évaluant les effets sur la santé de l'activité physique.

 

En introduisant le "sport sur ordonnance", la loi de santé consacre ce traitement dont l'efficacité était jusque là sous-estimé.

 

Lien vers l’Amendement : http://www.valerie-fourneyron.fr/wp-content/uploads/2015/04/917_prescription-m%C3%A9dicale.pdf

 

Lien vers un article : http://www.ouest-france.fr/maladies-longues-durees-le-sport-sur-ordonnance-vote-lassemblee-3322957

Maladies Chroniques

Environ 10 millions de français atteints

30 affections de longue durée (ALD) recencées

grâce à l'amendement, les médecins disposent d'un nouvel outil thérapeutique - qu'il reste à mettre en place - afin d'aider les pateints en ALD.

Ces activités physiques seront dispensées par des organismes labélisés, sous la supervision d'éducateurs sportifs qualifiés.

 

Au niveau national, encore rien de concret...

Mais certaines caisses régionales ont déjà commencé à collaborer avec leur Agence Régionale de Santé (ARS) et/ou certaines municipalités.

Certaines mutuelles également commencent à se lancer: Swiss Life par exemple à annoncé en 2014 proposer une offre pour tous les assurés en ALD; après un bilan physique, ils ont accès à un programme sportif personnalisé, gratuit pendant quelques mois.

 

 

Diverses informations concernant le sport...

La pratique d'une activité modérée (marche, nage, jardinage...) au moins 3h par semaine ou d'une activité intense (course à pied, aérobic, squash...) au moins 3x2à minutes par semaine diminue de 30% le risque de mortalité prématuré. en combinant les deux, la baisse atteint les 50%!

etre actif fait donc vivre plus longtemps! (INSERM 2012)


 

Les premières études sur le sujet datent de 1953 - Jérémy Morris, britannique - et depuis des dizaines d'autres études ont été mené et la plupart aboutissent au même constat: l'activité physique réduit significativement le risque d'accident coronarien et leur mortalité, tant chez les individus en bonne santé que chez ceux qui ont déjà souffert d'un infarctus!

"L'exercice permet de réduire de 25% le risque de récidive d'infarctus et de mortalité, c'est un bénéfice du même ordre que celui des statines chez les patients avec un excès de cholestérol" résume le professeur Hervé DOURD - CHU de Bordeaux

Sans parler de tous les effets indirects: baisse de la tension artérielle, perte de poids, amélioration du profil glycémique et augmentation du HDL-cholestérol.


 

La différence des dépenses de santé entre une personne "active" et une personne "sédentaire" se situe entre 65 et 250€ par an! (Etude du conseil Nationaldes activités physiques et sportives dépendant du ministère des sports)


 

"Selon des données récentes, les bénéfices semble disparaître quand l'entraînement est trop intensif - c'est à dire au-delà de 10/12 heures par semaine. Des efforts prolongés et intensifs peuvent exposer au risque notamment d'infarctus d'effort ou des troubles du rythme du type fibrilation auriculaire" - Hervé DOUARD

cependant, les bénéfices sont largement supérieurs aux risques!


 

Pour "impacter sur le temps le rapport graisse/muscle, il faut une fréquence d'au moins 1h trois fois par semaine - afin de modifier la sécrétion de cytokines sur une semaine - et sur une période minimale de 6 mois" - Thierry BOUILLET, oncologue à l'hopital Avicenne de Bobigny


 

Et pour les maladies mentales?!?

"L'activité physique est un des plus puissants facteurs qui stimule la plasticité cérébrale dans le cortex en général, et la neurogénèse adulte en particulier, surtout au niveau de l'hippocampe - impliqué notamment dans les processus de mémorisation" - explication de Marie LLEDO, directrice du département des neurosciences à l'Institut Pasteur


 

 

 

 

Des effets multiples sur l'organisme

Cerveau: stimulation de la neurogenèse, baisse du stress et de l'anxiété, effet protecteur vis-à-vis du burn-out et de la dépression

 

Os: réduction de la perte osseuse - notamment après la ménopause

 

Coeur: réduction d'un tiers à 50% du risque d'hypertension artérielle, baisse du risque de maladie coronaire; 30 minutes quotidiennes diminuent de 25% la mortalité cardique

 

Seins: diminution de 25 à 30 du risque de survenu d'un cancer du sein et de 40 à 60% du risque de récidive

 

Pancréas: baisse de 50% du risque de diabète

 

Côlon: pour ue activité d'au moins 1 heure, trois fois par semaine - diminution de 25% du risque de cancer du côlon et de 40% le risque de récidive

 

Artères: amélioration de la souplesse des artères et diminution des plaques d'athérome

 

 

Cependant...

Peu de choses sont réellement définies... tout (ou presque) reste à faire sur le terrain!

 

Si les bienfaits de l'exercice physique sont avérés en France, moins de la moitié de shommes et un tiers des femmes pratiquent un niveau d'activité physique considéré comme favorable à la santé (minimum 150mn d'activité modéré ou 74mn d'activité soutenue par semaine);

plus inquiétant: 80% des enfants et adolescents feraient moins d'une heure d'activité physique par jour! Ils auraient perdu 15% de leur endurance en 50ans...(études australienne réalisées par Grant TOMKINSON métaanalyste)

 

"on peut à la fois avoir des activités physiques et être sédentaire" -  d'après les recherches menées par Anne VUILLEMIN prof. en STAPS à l'université de Lorraine.

 

 

Il s'agit également de convaincre les médecins et autres professionnels de santé. Seulement 17% des généralistes prescrivent de l'activité physique à leurs patients; il existe un décalage entre les connaissances scientifiques et le discours des médecins dans leurs cabinets. (étude réalisé par le site santémédecine.net auprès de 254 praticients.

Date de dernière mise à jour : 23/05/2018