A vos bâtons

     Je resterais bien banal à vous dire que  l’utilisation des jambes et des bras grâce aux bâtons spécifiques ( légereté, flexibilité, gantelets ) constitue l’originalité de notre discipline ; avec beaucoup de modestie, je voudrais, cependant, attirer votre attention sur l’intérêt de possèder une honnête voire bonne technique de pratique.

   D’abord, apprendre une technique sportive est enrichissant et gratifiant à tout âge ( sentiment de liberté, fierté de réussir, plaisir, entre autres valeurs ) Mais la technique pour la technique…

  Donc, Je ne vais pas,  vous resservir ici les clefs de la marche nordique : la main là,  les épaules basses, les bâtons obliques et… le nez ailleurs… Les vidéos et les descriptions techniques rencontrées sur internet ( Décathlon , FFA ) sont très bien faites et nos coaches sont prêts à semer la bonne parole.

   Mais je reviens à mon titre, A vos bâtons, certes, mais bien s’en servir !... Et pourquoi ?

   Parce que je veux vous parler d’endurance  et des bénéfices pour la santé que cette forme de pratique peut apporter aux marcheurs ( vélo, course à pied, ski de fond se prêtent à la même approche ). Et j’entends déjà des mots comme difficile, rébarbatif et même chiant. Pas du tout !

   Dans une pratique d’endurance, l’effort est aisé, la conversation reste facile (un peu moins en montée ) et aucune douleur musculaire ressentie ;  les diverses et multiples motivations : entretien physique, hygiène de vie, perte ou contrôle de poids, amour de la nature, esprit de confrontation, convivialité…j’en oublie, sans doute, toutes respectables, sont respectées. Mais marcher en endurance suppose une pratique plus dynamique puisque le cœur est sollicité à 75-80% de la fréquence cardiaque maximum (fcm ). Et l’on comprend mieux alors mon souci de posséder une bonne technique pour imprimer à sa marche un rythme plus soutenu.  J’irai jusqu’à vous faire une confidence : dans un groupe, hormis les premiers, très faciles et les derniers, un peu à la peine, le reste est dans le bon registre, mais, sans le savoir, à l’instar de M. Jourdain pour la prose.  Et dans ce domaine, c’est tout de même mieux de savoir ce que l’on fait avec des objectifs bien cernés !

   Les bénéfices pour la santé, quels sont-ils ? De nombreux médecins et scientifiques se sont penchés sur la question et s’accordent sur l’intérêt du travail en endurance et je résumerai en citant entre autres le docteur Fabrice Kuhn* <<consommation calorique majorée, consommation lipidique accrue, renforcement du système cardio-respiratoire, bien-être psychologique….réduction de nombreuses pathologies comme l’obésité et le surpoids, les maladies cardiovasculaires, certains cancers….>>

   Le but serait que chacun marche à son niveau le plus favorable pour sa santé ; une formule assez fiable ( il y en a d’autres )  pour calculer sa fcmax est la suivante : 207-( 0,7xâge ) soit pour une personne de 60 ans, homme ou femme, 207-(0,7x60)=165 battements/minute d’où une marche sur une base de 75% de 165 donc 124 battements/minute ; à prendre en compte aussi l’état de forme, les battements  au repos, l’entraînement et les éventuels antécédents cardiaques. Alors, tous chez Décathlon pour acheter le cardio-fréquencemètre dernier cri ; bien sûr que non ! Fiez-vous  à vos sensations et réactions : essoufflement progressif et permanent ou pas, récupération rapide ou non après une montée et, bien sûr, quelques contrôles de pouls au début et en fin de séance. Trouver aussi  rapidement la vitesse horaire qui vous convient, trop facile à 6-6,5km/h, bien à 7-7,5km/h (aisance et plaisir réunis ), détresse à 8km/h, par exemple.

   Alors ? Convaincus ? Peut-être pas tous ; mais avant l’adhésion je voulais provoquer la réflexion.

   On m’objectera que les groupes sont hétérogènes en âges et en niveaux ( séance du mardi matin entre autres ), que ce sera difficile à gérer, que l’on débouchera très vite sur une séance mi-figue mi-raisin qui ne satisfera pas grand monde etc…Mais rien ne doit changer dans la gestion des groupes  mis à part  cet investissement personnel ; observer des regroupements, respecter des temps d’arrêt, utiliser les raccourcis et les détours, faire preuve de fair-play et de compréhension sera toujours notre crédo !

   En conclusion, ni esprit de compétition ni révolution mais une démarche individuelle au travers d’une pratique collective et savez-vous que le travail en fractionné peut conduire aux mêmes  avantages et en plus rapide encore, mais c’est une autre histoire…

 

                                                                                                Jacques Grizot

*Revue Santé Corps Esprit Nos 9 et 10

 

PS : Je n’ai rien contre le cardio-fréquencemètre bien au contraire.

 

 

 

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